Marcher est souvent la plus belle façon d’aborder un site et d’embrasser la majesté d’un paysage. Un exercice contemplatif bon pour le corps et pour l’esprit. Voici 10 des plus incroyables itinéraires de la planète.

Espagne – El Caminito del Rey
Sujets au vertige s’abstenir. Il ne fait qu’un peu plus de 8 kilomètres et sa difficulté est vraiment faible. En revanche, c’est sans doute l’un des chemins les plus impressionnants -voire effrayants si l’on souffre du vertige- de la planète. Construit au début du 20e siècle pour permettre aux ouvriers un accès direct à deux stations hydroélectriques d’Andalousie, il est fiché dans la roche à 100 mètres au-dessus de la gorge de Gaitanes, dans le canyon d’El Chorro. Un étroit sentier d’un mètre de largeur se faufile ainsi à fleur de roche, un véritable exploit technique pour l’époque. Usé par le temps, il a fait l’objet il y a quelques années d’une superbe rénovation. Désormais, on profite de ci de là de passages en verre, pour s’ajouter un frisson supplémentaire !
Longueur : 8,6 km. www.caminitodelrey.info.

Tanzanie – Cratère du Ngorongoro
Le Ngorongoro est un véritable jardin d’Eden né des fureurs de la Terre. Il y a 2 ou 3 millions d’années, une éruption titanesque forma la plus vaste caldera -aujourd’hui dormante- de la planète. Comme au premier matin du monde, ses près de 300 km2 servent toujours de refuge et d’herbage à l’une des plus grandes concentrations d’animaux sauvages d’Afrique. Zèbres, gnous, éléphants, impalas, rhinocéros noirs, lions parcourent la savane par milliers. La randonnée qui suit le rebord du cratère offre des vues imprenables sur l’aire de conservation. Et sur les plus gros des animaux, rhinocéros et éléphants, que l’on distingue à l’oeil nu. De refuge en poste d’observation, on traverse tour à tour des étendues ouvertes et des zones boisées. Un safari d’un autre genre, bien plus proche de la nature : les animaux peuvent d’ailleurs surgir aussi sur la crète, ce qui oblige d’être accompagné d’un garde armé.
Longueur : 10 km.

Norvège – De Nusfjord à Nesland
L’archipel des Lofoten, qui s’étire en ruban le long des côtes septentrionales de Norvège, est déjà un fantastique voyage en soi. Et Nusfjord, l’un des plus beaux endroits du pays, est un ravissement supplémentaire. Avec ses maisons en bois sur pilotis et ses quais suspendus sur la mer, ce village de pêcheurs pluriséculaire est une carte postale que l’on a du mal à quitter. Le sentier débute à l’orée du village de Nusfjord, en-dessous de l’école du village. Il est balisé de cairns et demande de grimper quelques rochers mais reste très facile. Au village de Nesland, le point d’arrivée est une maison d’hôtes bâtie au 19e siècle et toujours tenue par les descendants du premier propriétaire. Une belle invitation à rester au moins une nuitée pour s’imprégner de cette douce atmosphère de bout du monde.
Longueur : 4,7 km.

Suisse – Glacier d’Aletsch
En surplomb du plus grand glacier d’Europe continentale, situé dans le Valais suisse, le sentier d’altitude de l’UNESCO est certes bref mais d’une intensité inouïe. Un véritable challenge pour les randonneurs non sujets au vertige et ayant le pied sûr. Aussi dénommé « Gratweg », il n’a rien d’une promenade de santé même si les passages les plus exposés sont bien sécurisés. Il débute à la station du téléphérique du Bettmerhorn (2647 m) et mène par l’arête sommitale vers l’Eggishorn (2869 m). Une randonnée qui a le niveau d’un itinéraire alpin mais qui constitue surtout une aventure inoubliable en raison de l’extraordinaire vue qu’elle offre sur le glacier d’Aletsch, la Jungfrau, l’Aletschhorn et le Bietschhorn ainsi que sur la vallée du Rhône et les majestueux 4000 mètres valaisans.
Longueur : 3 km. www.aletscharena.ch.

Grèce – De Thera à Oia
Pour une randonnée entre terre et ciel sur fond de mer bleu encre, vous êtes à la bonne adresse. Ce sentier offre quelques-uns des plus beaux panoramas de Méditerranée. Il suit la cime de la caldeira engloutie du volcan de Santorin, au coeur de la mer Egée. Vestige de la terrible éruption qui s’est produite au 18e siècle avant notre ère, il se dresse encore à 300 mètres au-dessus des flots. Le marcheur foule tour à tour la cendre, des sections pavées et une courte partie asphaltée et s’offre une véritable plongée dans l’histoire géologique de l’île en découvrant une foule de phénomènes volcaniques et de strates de lave colorée. On ne se lasse pas des vues plongeantes sur les îlots qui font face à Santorin, de ces villages blancs qui coiffent le rebord de la caldeira ou s’accrochent à ses flancs. Le spectacle atteint son apogée à l‘approche d’Oia, à la pointe nord de l’île. L’itinéraire prend une dimension supplémentaire au coucher du soleil mais là, c’est sûr, vous ne serez pas seul.
Longueur : 9,5 km.

Irlande – Chaussée des Géants
Cap sur la côte d’Irlande du Nord, qui offre quelques-uns des plus beaux paysages d’Europe. Ce sentier relie Ballycastle à Portstewart, traversant des sites parmi les plus emblématiques de l’île. Il y a d’abord bien sûr la célèbre Chaussée des Géants, qui aurait selon la légende été construite par un géant irlandais voulant se mesurer avec un rival écossais. La version scientifique évoque une coulée de lave de l’ère tertiaire ayant produit ce fascinant décor de piliers basaltiques à la forme quasi parfaite. Jouant à saute-mouton avec les falaises, les plages, les prairies, la randonnée réserve d’autres surprises telle que ce pont de corde qui relie l’ilot de Carrick-a-Rede ou les ruines du château de Dunluce. Un itinéraire au final peu technique que l’on peut couvrir en 2 ou 3 jours et ne demandant qu’une condition physique moyenne.
Longueur : 53 km. www.ireland.com.

France – Calanques de Cassis
Insolite mélange de fjords norvégiens et de côtes blanches comme on en retrouve en Grèce, les Calanques de Cassis sont la garantie de balades à couper le souffle, le plus souvent entre terre et mer. L’un des plus beaux itinéraires pour les parcourir démarre de Port-Miou et mène à la calanque d’En Vau, considérée comme l’une des plus belles, via celle tout aussi scénique de Port Pin. Il suit le déroulé du GR 98-51 mais le marcheur garde le choix entre le nouveau tracé (balisé en rouge et blanc) et l’ancien (balisé en noir), plus technique et escarpé. Une randonnée qui tient ses promesses de bout en bout, au rythme d’un paysage unique au monde, où la roche blanche et orange tutoie le turquoise des flots et le vert soutenu des pins et des plantes de la garrigue.
Longueur : 14,5 km. www.ot-cassis.com.

Argentine – Boucle du Fitz Roy
Le massif du Fitz Roy est l’un des sites majeurs de la Patagonie argentine. Au départ de la bourgade d’El Chalten, ce parcours grimpe dans le parc national de Los Glaciares, d’une étendue presque aussi vaste que la Belgique. Au fur et à mesure de la montée, la silhouette des pics, souvent presque verticaux et couverts de lourds glaciers, se détache sur fond de ciel azur. L’itinéraire permet d’atteindre le glacier qui descend jusqu’à la base du célèbre Cerro Torre (3128 m) à la forme caractéristique, l’un des sommets les plus convoités des alpinistes. De là, le sentier continue vers un haut plateau où il est possible de bivouaquer (Camp Poincenot). L’occasion d’assister le lendemain à un lever de soleil sur le Fitz Roy.
Longueur : 19,5 km.

Italie – Sentier Frédéric-Auguste
Ce sentier doit son nom à la visite du roi de Saxe qui, au tournant du 20e siècle, tomba en pamoison devant le panorama offert par le plateau de Alpe di Siusi. Il émit alors le souhait de voir un sentier de cette région du Trentin porter son nom. Et c’est l’un des plus parfaits qui soient qui fut choisi, car il a cet atout de ne demander qu’un minimum d’efforts et d’offrir en retour un maximum de sensations. Il débute à Passo di Sella et monte jusqu’au refuge Frédéric-Auguste. L’itinéraire offre quelques-uns des plus beaux paysages des Dolomites : le massif de Sella, Sassolungo et les monts Sasso Piatto. Il se poursuit jusqu’au refuge de Sasso Piatto, passe par le col de Passo Duron avant de redescendre direction Saltria. De là, un bus relie le point de départ.
Longueur : 10,5 km.

Madagascar – Parc des Tsingy de Bemaraha
En malgache, tsingy désigne un site que l’on ne peut arpenter pieds nus. Et de fait, il s’agit d’un massif dense et impénétrable de rochers sculptés en lames, pointant parfois à 100 m d’altitude. En s’approchant, on a la sensation de pénétrer une véritable forêt de pierre et de calcaire sculptée par des millénaires de pluies. D’étroites failles et crevasses permettent en effet de s’y faufiler mais… gare au faux pas ! Le circuit le plus aventureux, celui d’Andamozavaky, dure 4h et ne s’adresse ni aux corpulents ni aux sujets au vertige car il s’achève en étroite via ferrata qui grimpe à l’assaut du rocher. Equipé de baudriers et mousquetons, le randonneur est récompensé par un spectacle inoubliable : la partie terminale du parcours surplombe totalement le site, de passerelle en belvédère. Et il n’est pas rare d’observer des lémuriens dans les arbres qui entourent les rochers.
Longueur : 4 km.
