Cela fait 50 ans que la marque au kangourou, pionnière du billet unique en Europe, truste la première place des parcs d’attractions en Belgique. Une véritable histoire d’amour qui se fête avec la création d’un nouveau monde, Dock World, et d’une nouvelle attraction, Mecalodon.
Par Béatrice Demol

Souvenirs, souvenirs. Le téléski sur le lac au bord d’une plage de sable fin, le Grand 8, les autos tamponneuses et les poneys loués à la foire de Wavre. C’était le temps des maillots à fleurs, des ados aux cheveux longs et du pique-nique bienvenu. Pour la première fois on ne payait qu’une seule fois, à l’entrée, pour grimper sur tous les engins. Sommaires au début, mais les voiturettes et les pistolets laser du Temple du Soleil puis les éclaboussements de la Rivière sauvage et les inversions du Tornado ont conquis les Belges qui avaient déjà fait tant de fois le tour de Meli Park et de Bobbejaanland. C’est une incroyable saga économique et récréative qui fête ses 50 ans.
Des sensations toujours plus fortes
Il suffit d’entendre les jeunes dans la file d’attente. Le vocabulaire ne fait aucun doute sur leurs objectifs. Airtime, drop, camelback, bunny hop, batwing, cobra roll, spike, …
Traduction : les estomacs se nouent, les fesses décollent du siège, la peur au ventre, double inversion, looping, bosses, décharge d’adrénaline, nausée, « une vraie tuerie » selon un initié de dix ans.
On sait qu’ils vont se diriger vers le Kondaa, le coaster le plus haut et le plus rapide du Benelux, le Buzzsaw, qui met la tête à l’envers, le Pulsar, chute verticale de 45m, le Psyké Underground, le Grand 8 qui en fait toujours plus, ou le Vampire,tête en bas au ras du sol.
Avec le Loup Garou, l’ancêtre considéré par les djeuns comme inconfortable malgré qu’ils ne résistent pas à sa 4G d’accélération, la Dalton Terror et sa chute décoiffante et le Tiki-Waka, le coaster familial par excellence, les classiques ont toujours la côte. Surtout quand ça mouille. Le Flash-Back et ses descentes vertigineuses et la mythique Radja River, ses grosses bouées et ses vagues déchaînées, font toujours le plein et la météo belge n’arrête jamais les amateurs d’émotions fortes.

Au-dessus d’1m30, C’est mortel!
Walibi est divisé en plusieurs sites relativement délimités, certains sont appelées world, d’autres zones. L’attention porte clairement davantage sur les manèges et le shopping que sur les univers. Le but des attractions-phares est clairement de provoquer les sensations les plus fortes, faire décoller les passagers de leur siège, enchaîner les virages les plus penchés et les grands huit, les pentes les plus raides, des rotations, des loopings, des vitesses toujours plus excessives, des vrilles, des retournements. Bref, les frissons les plus intenses.
Tout ce qui est réservé aux plus de 1m30 est « mortel » – conseil du même initié. Il faut le savoir et, si vous n’avez pas étudié le site web (un vrai conseil), n’hésitez pas interroger ceux qui sont dans la file avant de décider de vous y frotter. Certains, souvent très pâles et tremblants, se font tous les parcs d’Europe et s’avèrent de vrais spécialistes.
Fast divertissement et Fast food
Les conditions d’accès aux divertissements sont clairement indiquées aux entrées mais, d’expérience, il y a peu de vérifications au moment de grimper dans un wagon ou une navette. Les couloirs d’attente ne sont pas scénarisés et les attractions misent davantage sur les sensations qu’elles procurent avec talent que sur les décors et l’environnement.
Si les amateurs de frissons sont donc particulièrement mis sous la loupe lorsqu’il s’agit de créer des nouvelles attractions, les petits sont toujours aussi chouchoutés et on trouve des animations à leur hauteur partout dans le parc. Après tout, ce sont eux qui drainent les familles et donc les gros budgets.
De nombreuses stations photos parcourent les attractions les plus courues et contribuent à la surenchère financière – seulement, une était tellement drôle que nous l’avons achetée… Même sensation pour la restauration fast food qui ne respecte pas systématiquement les thèmes tandis que les files sont aussi longues que pour les attractions et les prix aussi décoiffants que la Dalton Tower. Mention tout de même pour le Delhi’cious du Karma World.

Des univers au service des attractions
Karma World
Cobra pour les grands, Tapis volant pour les enfants, Palais du génie pour tous. C’est là que se trouve l’incontournable et typiquement familial Radja River et le délicieux Popcorn Revenge où l’on se défoule, dans des décors de cinéma indien super kitsch, en tirant au fusil laser sur des hordes de popcorn.
Adventure World
Ambiance Far West, avec des trains parfois fous et toujours des poneys – mais électriques. Côté secousses, le Calamity Mine vaut plus qu’il en a l’air et on avoue avoir un penchant pour son côté vieillot et sympathique. Dans le récent Siverstone, on peut choisir l’inclinaison de son siège pour plus ou moins d’effets. Le tout à l’ombre de la légendaire Dalton Terror, qui laisse sans voix les plus téméraires, et du Buzzsaw, la balançoire géante qui malmène sérieusement les corps sans s’émouvoir des cris effrayants lancés par les passagers.
Exotic World
L’univers le plus soft, avec une montagne russe familiale, le Tiki-Waka, et le Challenge de Toutankhamon où les momies et les monstres font toujours frémir même ceux qui, pourtant, « n’ont peur de rien ». Le kitsch du Tapis Volant dans les deux langues semble n’amuser que les très seniors. Les autres ont le Kondaa pour s’éclater.
Fun World
Grand espace de jeux et de manèges bienvenus pour les petits tandis que les parents soufflent un peu. Il y a même des montagnes russes pour les petits, comme le Fun Pilot.
Loup-Garou Zone
Là où le coaster en bois du même nom ne se laisse pas démonter par le terrible Vampire. Chaises volantes, petites voitures et cinéma en 4D dans la zone aux pizzas.
Si on rajoute Walibi Boulevard, qui ne propose que des boutiques, des restaurants et le kangourou pour la manie des selfies, et Aqualibi, qui vaut sans doute un paragraphe à lui seul, on s’aperçoit qu’il manque un univers… Que s’est-il passé ?

50 ans, un nouveau monde
50 ans ont passé. Et un nouveau monde vient d’apparaître, dans le fond du parc, emportant avec lui la Pulsar Zone dédiée au water coaster le plus apprécié du même nom qui, avec un envol à 100km/h et une chute libre et arrosée de 45m, passe beaucoup trop vite. C’est aussi dans cet espace relooké que l’on retrouve la Turbine, qui remplace le Psyké Underground qui remplaçait déjà la Turbine qui remplaçait elle-même le Sirocco ! C’est cohérent, et cela permet de recycler la zone et de dépoussiérer des attractions.
Dock World
Inauguré en avril dernier, Dock World fait appel à l’imaginaire d’un port industriel scénarisé avec des grues, des containers, des bouées géantes et des filets de pêche accrochés aux entrepôts, des petits voiliers et un phare de 15m de haut qui devient par la même occasion un nouveau point de repère dans le parc. Le tout dans une ambiance sonore de quais joyeux où les employés portent des uniformes de marins.

Le coaster le plus long du Benelux
C’est là que le coaster le plus long du Benelux trône, prêt à embarquer les amateurs de sensations correctes à partir de 6 ans et 1m20. Le train aérien de Mecalodon, aux wagons en forme de requins, assure quelques bons airtimes, des bons launchs et un très beau S Turn sur un layout original, dixit les fans qui étaient sur place pour le tester dès la première heure et qui commentent très sérieusement sur des sites dédiés aux passionnés de parcs de loisirs. 65km/h en rasant les flots du lac et en opérant plusieurs accélérations qui font sursauter les amateurs exactement 14 fois sur le parcours de 925m.
C’est dans ce nouveau monde que se trouve aussi désormais le Flashback, plus intense encore que la Radja River avec un final éclaboussant, et les divertissements pour plus petits, relookés sur le thème : Dragon Boat devient Stormy et Salsa y Fiesta s’appelle désormais Tous en boîte puisqu’il s’agit toujours de tourner dans de grosses marmites. L’offre de restauration et de shopping a également été repensée avec deux nouveaux restaurants et des souvenirs en lien direct avec le thème.

L’âge du lifting
Après avoir solidement peaufiné son offre Halloween et Walibi Winter, l’année dernière, le premier parc d’attractions de Belgique frappe à nouveau fort avec cette nouvelle proposition. Walibi confirme sa maitrise du concept et a manifestement et heureusement entrepris de le moderniser après 50 ans de bons et loyaux services.
Les amateurs réclamaient un retrack (rénovation) ou même carrément la suppression de certains engins considérés comme obsolètes. Ils sont entendus. Les nouveautés sont « plus fluides, plus rapides mais mieux conçues ».
Malheureusement, la folle concurrence des parcs d’attractions qui entraine chaque marque à pousser plus loin les limites des sensations fortes et à proposer des nouveautés pratiquement chaque année, a un prix. Et provoque toujours une hausse des tarifs aussi vertigineuse que les coasters. Les familles devront opérer des choix.

Un été festif
Depuis le début du mois de juillet, le parc a revêtu ses habits de fête, décoré de façon immersive la première zone où déambulent les anciennes mascottes de l’enseigne et réintroduit quelques animations nostalgiques. Le film Rokken Roll est à l’affiche du cinéma 4D, une expo photos souvenirs et une collection de merchandising vintage ravissent les collectionneurs et les plus anciens fans. Surtout, le retour des pédalos sur le lac constitue sans doute le meilleur souvenir et la meilleure idée pour les visiteurs actuels lorsqu’il fait chaud.
Happy Birthday !

Avant de partir:
– L’accès au parc est très aisé, en train (la gare est à 150m) ou en voiture : boulevard de l’Europe 100, 1300 Wavre. On ne loge pas à Walibi, mais l’offre d’hébergement est assez complète dans la région. Le parc est ouvert de 10 à 19h.
– Le parking est payant, même si la barrière est levée. Seuls les cars bénéficient d’une aire de stationnement gratuite.
– Réservez vos entrées et vos coupe-files en ligne ou en agences de voyages pour éviter la file d’attente et un tarif plus élevé.
– Préparez votre visite en fonction des âges et des goûts de votre groupe. Tout ce qui est interdit aux moins de 1m30 est considéré comme « mortel » par les initiés – et très appréciés. Si vous pouvez, évitez le week-end et préférez l’ouverture, profitez des pauses repas pour courir vers vos attractions favorites et n’hésitez pas à rester jusqu’à la toute dernière minute.
– Le pique-nique est interdit dans le parc, un espace est réservé à l’extérieur, en face de l’entrée. Toujours pas de fontaines d’eau mais emportez tout de même votre gourde – les loopings donnent soif.
– Quelques aménagements facilitent la déambulation des personnes avec un handicap mais ce n’est pas la priorité du parc qui, sur son site, détaille néanmoins avec une très grande précision les spécificités et les conditions de l’Easy Pass.
– Prévoir une météo belge : un sac à dos imperméable et même des vêtements de rechange pour les amateurs d’attractions qui mouillent (ou alors un poncho, une serviette légère), la crème solaire en saison et de quoi grignoter si vous ne voulez pas doubler le prix de la journée.

