L’Andalousie vue depuis ses fleuves, voilà qui est insolite. Un voyage qui autorise la découverte des plus belles cités du sud du pays, fait un saut sur l’Atlantique et longe même la frontière portugaise. Embarquement immédiat.
Par Eric Vancleynenbreugel

Photo: Eric Vancleynenbreugel
Jour 1 : Bienvenue à bord
Il est là, tout étincelant de blanc, amarré en plein cœur de Séville, juste à côté de magnifiques jardins et de la célèbre place d’Espagne. Si vous aimez les immenses paquebots de croisière, passez votre chemin. Alors oui, « La Belle de Cadix » mesure tout de même 110 mètres de long… mais ne contient que 88 cabines, confortables et accueillantes.

On ne manque donc pas d’espace à bord. Deux salons bar, un restaurant où l’ensemble des passagers peut manger en un seul service, une boutique et un vaste pont soleil accueillent les activités communes. Mais c’est aussi l’ambiance qui diffère sur un tel bateau. Et l’on se sent d’autant plus décontracté à bord que tout est inclus, y compris les sourires, l’accueil et l’hospitalité des membres d’équipage de la compagnie CroisiEurope.

Jour 2 : Palais et jardins de Grenade
La première demi-journée nous a permis de prendre nos marques mais avant de débuter la navigation, le voyage débute par l’exploration de Grenade. Un mythe. Une journée entière de promenade au fil des palais et jardins de l’une des plus belles cités d’Espagne. Arcades ciselées, portes magnifiquement ouvragées, murs couverts de mosaïques, patios paradisiaques… Une inoubliable échappée dans un univers de raffinement et de pureté. Les guides sont passionnés et communiquent leur amour de la cité. De retour sur le bateau, la fatigue de la visite et de la route s’estompe vite autour du cocktail servi par un équipage toujours prévenant, prélude à un dîner bistronomique préparé par un chef français. Car la table, toujours raffinée et de qualité, c’est aussi un autre des points forts de la compagnie CroisiEurope.



Jour 3 : Escale dans les rizières
Ce matin, découverte à pied de Séville, en commençant par l’Alcazar. Ce somptueux palais construit par les Maures au cœur de la ville est entouré d’immenses jardins luxuriants ponctués de fontaines et de bassins rafraîchissants. Pour l’anecdote, la guide explique que c’est ici que poussent les oranges qui servaient à préparer les marmelades préférées de la défunte reine d’Angleterre !

Juste en face, l’ancienne mosquée est aujourd’hui une cathédrale, troisième plus grande église du monde. Ici repose Christophe Colomb dans un imposant sarcophage de pierre. J’en profite aussi pour grimper dans la tour Giralda, autrefois minaret, qui surplombe toute la ville, pour une vue « ouaah » à 360°. Au retour vers le fleuve, petit crochet par la monumentale place d’Espagne, lieu de rendez-vous de tous les amoureux.


Fleuve 100% andalou, le Guadalquivir naît à 1600 mètres d’altitude plusieurs centaines de kilomètres à l’Est. Grâce à son affluent le Genil, il devient navigable à partir de Séville, seul port fluvial d’Espagne. Il déroule ensuite son cours tranquille durant 89 km jusqu’à l’océan. Sur ce parcours, le bateau fait une première escale improbable, au beau milieu des rizières. C’est là, en bordure du fleuve, que l’on découvre une majestueuse finca. Totalement isolée, elle en impose pourtant par la majesté de ses bâtiments et écuries. Sa petite arène est celle où Louis de Funès et Yves Montand se retrouvent dans « La Folie des Grandeurs » piégés face à un taureau ombrageux. Et c’est sur le sable de cette même arène que l’on assiste à un incroyable spectacle où la grâce d’une danseuse flamenco se mesure à celle d’un cheval andalou. Arrivé à l’embouchure, le bateau pénètre l’Atlantique, cap vers… un autre fleuve.

Jour 4 : Chevaux, jerez et flamenco
Le bateau s’est amarré sur les rives du fleuve Guadalete, à Puerto de Santa Maria. On l’appelait autrefois « la ville aux cent palais » car ici transitaient tous les navires venus du Nouveau Monde. Et on venait de toute l’Europe pour chercher les produits rares ramenés des colonies. Les négociants locaux se sont enrichis au-delà de l’imaginable.

Au matin, une première excursion nous emmène à la découverte de la ville toute proche de Jerez de la Frontera, doublement célèbre. D’abord pour ses chevaux qui dansent grâce au dressage à l’andalouse. Un art que l’on pourra admirer dans un haras traditionnel. Et ensuite pour son vignoble, parmi les plus anciens d’Europe. Les Phéniciens ont importé ici il y a plus de 2500 ans la vigne mais aussi l’olivier. La région produit un vin que l’on dit muté grâce à l’ajout d’eau-de-vie et on l’élève dans plusieurs caves installées dans la petite ville.


Après la visite de l’une des plus célèbres, la fin de la journée est consacrée à la découverte de Cadix. Fondée en 1100 avant notre ère par les Phéniciens, elle serait la plus ancienne cité d’Occident ! Ses ruelles cernées de hautes maisons et de palais mènent tantôt vers une place animée, tantôt vers la corniche. Balayée par les embruns, elle rappelle le Malecon de La Havane.

Oui, Cadix est un coup de cœur : sa cathédrale au-dessus de l’océan, ses tours-miradors et son exotique parque Genovés qui réserve des surprises botaniques dans chaque allée. Outre ses trésors architecturaux, ce qui séduit aussi à Cadix, c’est son ouverture sur la mer et la possibilité de s’offrir une douce parenthèse sur la plage, quelques minutes après une séance de shopping ! La journée se termine en apothéose : après un repas espagnol sur le bateau, direction l’une des bodegas de la ville, pour une soirée au rythme endiablé d’un groupe de musiciens et danseurs gitans.

Photo: Eric Vancleynenbreugel
Jour 5 : Crochet au… Portugal
Une fois de plus, « La Belle de Cadix » remonte un nouveau fleuve, le Guadiana. Sur une rive, l’Espagne, sur l’autre, le Portugal. En milieu de matinée, nous voilà débarquant sur la rive portugaise, dans la charmante et tranquille petite cité d’Alcoutim, toujours protégée par son château-belvédère. Après la visite de la forteresse, il est l’heure de s’installer en terrasse devant un petit café et quelques pâtisseries locales, avant de reprendre le voyage vers puis sur l’océan Atlantique et le port de Huelva. Une belle et tranquille après-midi de navigation sous le soleil et la caresse du vent marin.

Jour 6 : Colomb, la star locale
Ce matin, excursion vers le monastère de la Rabida et le port de Palos tout proche. C’est dans le premier que Christophe Colomb logea et prépara son voyage et du second qu’il leva l’ancre pour traverser l’Atlantique. Une fascinante histoire évoquée grandeur nature au ‘Parc des Caravelles’. A bord des trois bateaux du premier voyage reconstitués grandeur nature, chacun peut réaliser la rudesse de ce premier périple vers l’inconnu.

Au sortir de l’Atlantique, la Belle de Cadix est en approche de San Lucar de Barrameda. La bourgade s’étire le long d’immenses plages de sable fin juste à l’embouchure du Guadalquivir. Du pont soleil, on distingue les nuances de tons entre les eaux du fleuve et celles de l’océan. Une fois le pilote à bord pour aider à naviguer, le navire s’engouffre sur les eaux agitées de l’embouchure. Sur l’autre rive du fleuve s’étend l’immense parc national de la Doñana où les pinèdes le disputent aux marais. Lynx ibérique mais surtout oiseaux par millions, cette zone est essentielle aux migrations entre Europe et Afrique. Ensuite, le terrain se fait uniformément plat, émergeant à peine au-dessus des flots. Dans les quelques arbres qui bordent le fleuve, des centaines de nids de cigognes. Un paysage de toute beauté qui s’étire sur des dizaines de kilomètres, ci et là ponctué de rares fincas où s’ébattent taureaux et chevaux.

Séville est en approche mais ce soir, comme le veut la tradition maritime, chacun est invité à se mettre sur son 31 pour le dîner de gala. En cuisine, on s’affaire pour la préparation d’un repas encore plus délicat que d’habitude, terminé par la traditionnelle omelette norvégienne amenée en fanfare par le personnel du restaurant.
Jour 7 : Cordoue, pour terminer en apothéose
La navigation est terminée mais ce matin, après une bonne heure de car, on retrouve le fleuve Guadalquivir bien en amont, à l’endroit où il baigne une autre splendeur : Cordoue. Le temps de franchir le majestueux pont romain et l’on pénètre dans ses ruelles de pierre blonde, écrasées de soleil, où s’élève la Mezquita.

D’abord temple romain, elle devint ensuite église avant d’être transformée, par des artisans chrétiens amenés de Byzance, en mosquée. Aucun luxe n’était de trop : or, lapis lazuli, pierres taillées de toutes les couleurs. Elle s’étend sur 22.000 m2 alors qu’elle n’est même pas achevée ! On ne peut que tomber en arrêt devant cette forêt de 680 colonnes en marbre bleu et rose offrant des perspectives d’arches superposées sans fin. Par bonheur, elle ne fut pas détruite lors de la reconquête espagnole mais reconsacrée. Les yeux encore émerveillés par tant de splendeurs, les passagers regagnent le bateau pour une dernière nuit sur les flots. Ce voyage atypique au fil des fleuves andalous a su dépayser chacun à son rythme. Se faire dorloter du matin au soir et juste penser à se détendre, partir en excursion ou profiter d’un repos bien mérité sur le bateau. Autant de plaisirs qui rendent un tel voyage encore plus inoubliable.


Carnet de voyage :
Y aller : Cette croisière de 7 jours est proposée tout au long de l’année par CroisiEurope, compagnie française spécialisée dans les itinéraires fluviaux. Le prix (formule port/port) comprend le séjour en pension complète et inclut les boissons (même alcoolisées) au restaurant et au bar, les transferts, plusieurs excursions offertes, l’assurance/assistance rapatriement et les taxes portuaires.
Animations et conférences en français, néerlandais, anglais… en fonction des demandes et des nationalités des passagers. Les excursions et visites guidées (avec audioguide) permettent d’appréhender chaque aspect des escales.
Chaque été, formule Croisifamille : gratuité pour les enfants jusqu’à 16 ans, animations dédiées aux plus jeunes et encadrement lorsque les parents souhaitent partir en excursion.
Plus d’infos et réservations : en agence de voyages et www.croisieurope.com.


Photos: Eric Vancleynenbreugel