Forêts denses, paysages lunaires, villes coloniales, dunes sahariennes, volcans, plages blondes… On trouve presque tout sur cet archipel atlantique. Elles sont sept au total, petites miettes d’Espagne dispersées à un jet du Sahara. Toutes différentes. A vous de choisir la vôtre !
Par Eric Vancleynenbreugel
La Palma, l’île chevelue
Pour qui ?: envie de grand dépaysement ? Pour rester en Europe et se sentir déjà outre-Atlantique, vous êtes à la bonne adresse.

Un festival de verdure ! Orientée face aux vents océaniques dominants, La Palma est la plus arrosée des Canaries, du moins dans sa partie septentrionale. Couverte de forêt jusqu’ici bien préservée. Tout le contraire de sa partie sud, aride et volcanique car La Palma est née des volcans les plus jeunes de l’archipel. Bref, une île tropicale et très nature qui plait aux randonneurs. Surnommée «La Isla Bonita» (île jolie), elle a fort logiquement été déclarée réserve de biosphère par l’Unesco. Gros coup de cœur pour sa capitale, Santa Cruz de La Palma, joyau d’architecture coloniale du 16e siècle.

Le Top 5:
- S’allonger sous les palmiers de la plage de sable noir de Puerto Naos.
- Randonner dans la forêt tropicale de Los Tiles.
- Déambuler dans les rues bordées de maisons colorées de Santa Cruz de La Palma, et ne pas manquer son Carnaval !
- Admirer les étoiles à l’observatoire de Roque de los Muchachos, l’un des meilleurs sites de la planète.
- Assis autour d’une table en lave, manger des grillades au Bodegon Tamanca (calle las Manchas, 38768 El Paso), installé dans une grotte!

El Hierro, l’île durable
Pour qui ?: pour les voyageurs avides de grand calme, de solitude atlantique et de paysages forts, bref, de vacances décalées.

La plus petite et la plus occidentale des Canaries est aussi la plus méconnue. Dessiné par les volcans, le relief est rarement de tout repos sur El Hierro qui, sur sa petite superficie -moins de 280 km2-, compte plus de 500 cratères et un sommet dépassant les 2000 mètres! Résultat: elle est soumise à un nombre étonnant de microclimats qui engendre une toute aussi singulière variété de paysages et de végétation. Déclarée elle aussi réserve de la biosphère, El Hierro est de plus en passe de devenir une île fonctionnant à 100% aux énergies renouvelables grâce à un ingénieux projet hydro-éolien!

Le Top 5:
- Se baigner dans les piscines naturelles de La Maceta remplies par les vagues de l’océan.
- Errer entre les troncs tordus des genévriers multi-centenaires d’El Sabinar.
- Explorer le champ de lave ‘pohe pohe’ de La Restinga.
- Boire un verre sur la terrasse du mirador de la Peña, conçu par le célèbre artiste César Manrique.
- Rencontrer les lézards géants d’El Hierro et pénétrer les maisons anciennes de l’écomusée de Guinea.

La Gomera: l’île bohème
Pour qui ?: Gomera est un bon compromis pour ceux qui aiment associer le confort de bons hôtels, les plaisirs de la plage et de belles randonnées en montagne.

Photo A. Sattler
Du large, elle apparaît comme une forteresse toute ronde. Son sommet central, perdu dans les brumes et coiffé de forêt laurifère, projette des vallées ravinées abritant plusieurs étages de végétation différente. Réputée pour ses paysages magnifiques, Valle Gran Rey justifie à elle seule le voyage. Semée ci et là de petits villages blancs et plantée de milliers de palmiers qui servent à fabriquer l’une des spécialités de l’île: le miel de palme, en réalité la sève de l’arbre, récoltée impérativement au petit matin. Juste avant d’arriver vers la plus grande plage de l’île, un mirador signé par l’incontournable Manrique offre une halte panoramique.

Le Top 5:
- Une randonnée dans la jungle du Parc National de Garajonay, qui couvre 10% de la surface de l’île et abrite 400 espèces végétales.
- A la lisière du parc, à Las Hayas, s’offrir un repas traditionnel de la meilleure facture, à la Casa Efigenia, www.efigenianatural.com.
- Dans les petites ruelles pleines de charme de San Sebastian, la casa de Colon rappelle que l’explorateur fit escale à La Gomera pour se ravitailler avant sa première traversée vers l’Amérique.
- Assister à une démonstration de ‘silbo’, étrange langage sifflé, unique au monde et au programme des écoles de l’île!
- Partir en mer observer les baleines et les dauphins.

Tenerife, la grande dame
Pour qui ?: Tenerife combine vie trépidante, fêtes, grands resorts en bord de plage et belles possibilités d’excursions.

Tenerife est la plus étendue mais aussi la plus visitée des Canaries. Réputée pour ses plages, ses hôtels et sa vie nocturne, elle recèle aussi quelques merveilles naturelles. A commencer par le parc national de las Cañadas del Teide, classé Patrimoine mondial par l’Unesco. Coiffé par le plus haut sommet d’Espagne (3718 m) souvent enneigé, il abrite 14 plantes endémiques, un millier de sites archéologiques guanches et près de 80% des types de formations volcaniques mondiales ! Le nord-est, plus humide, cache dans ses montagnes un véritable trésor de biodiversité: les monts Anaga. Dans cette forêt tertiaire de lauriers anciens, lichens et branches s’entremêlent étrangement, comme dans un conte fantastique.

Le Top 5:
- Au nord de l’île, les maisons colorées, les demeures coloniales aux balcons sculptés et les rues commerçantes de La Laguna (l’OT local organise des visites guidées gratuites).
- Les pyramides de Güimar, étrangement semblables à celles des Mayas.
- Le Carnaval de Tenerife est fantastique et n’a rien à envier à ceux d’Amérique latine !
- Emprunter le sentier qui parcourt la vallée ravinée de Masca et mène à une jolie plage.
- Dans le parc d’Anaga, tester le « Sendero de los Sentidos » (sentier des sens), pour écouter, respirer, toucher au plus près cette belle nature.

Gran Canaria, continent miniature
Pour qui ? : pour les vacanciers actifs et curieux, avides de plaisirs et de découvertes variés.

Ile toute ronde et plissée, Gran Canaria est un vrai continent miniature. Le cœur de l’île, montagneux, semé de palmeraies, est spectaculaire. Au sud, les paysages se font plus arides : c’est le domaine des chardons, des figuiers et des tabaibas (plantes toxiques).C’est aussi dans cette partie de l’île que l’on trouve les stations balnéaires. A Maspalomas, les dunes se font carrément mer de sable. Au sud-ouest, par contre, on trouve une forêt de pins canariens qui rend cette région unique au monde. Au nord, rendez-vous avec les tropiques, les champs de tomates, d’agrumes et de bananes et les fabriques de « ron », le fameux rhum doré des Canaries.

Le Top 5:
- L’île compte de nombreuses habitations troglodytiques qui restent fraîches au plus fort de la canicule. Certaines peuvent être louées (à Artenara), d’autres ont été aménagées en bars ou restaurants, comme au Barranco de Guayadeque.
- Une adresse secrète: Molino de Agua (www.elmolinodeagua.com), petite oasis pour casser la croûte, au milieu des palmiers, mais aussi pour loger une nuit ou… une semaine.
- Le village perché en bord de mer d’El Roque, sur la côte nord.
- Les peintures rupestres du parc archéologique de la Cueva Pintada.
- La route qui longe la côte ouest se faufile hardiment à flanc de falaise, 200 m à pic au-dessus de la mer. Un itinéraire magique!

Fuerteventura l’africaine
Pour qui ?: pour les amateurs de plages infinies, lumineuses et fouettées par le vent.

Seconde plus vaste des Canaries, Fuerteventura a peu changé depuis sa découverte. Sur sa côte orientale, seuls quelques hôtels font face aux dunes du Sahara. Le chergui, un vent du désert, vient y déposer un sable fin et blanc, façonnant les dunes et des plages interminables. On peut parfois marcher des dizaines de mètres sans perdre pied dans de véritables lagons turquoise, comme aux Caraïbes! Pour le reste, l’île est quasi désertique et quelques agriculteurs s’évertuent à y cultiver de l’aloé vera, une plante grasse utilisée pour fabriquer des produits de soins. Son relief assez plat est ponctué de moulins et de maisons cubiques peintes à la chaux.

Le Top 5:
- Les plus belles plages se trouvent sur la façade est de la péninsule de Jandia, à la pointe sud de l’île. Autre bijou : les dunes et la plage de Corralejo (nord-est), en bordure d’une mer émeraude.
- Un dîner romantique au « Lagomar », à Nazaret. Le domaine, œuvre de César Manrique, a appartenu à Omar Sharif et abrite aussi des hébergements et un musée (www.lag-o-mar.com).
- Fuerteventura est un spot réputé pour les véliplanchistes et les kitesurfeurs car il y souffle en permanence un fort vent d’est. Une bonne adresse pour le surf: 7Island Surf, www.7islandsurf.com.
- Saviez-vous qu’il existe à Fuerteventura des moulins à vent masculins et féminins? Vous découvrirez vite pourquoi.
- Admirer le coucher de soleil à El Cotillo (phare, falaises et une bonne adresse -« La Vaca Azul »- surplombant la plage).

Lanzarote la lunaire
Pour qui ?: pour les amoureux d’art et de paysages bruts.

Dès la sortie de l’aéroport, l’ambiance se fait minimaliste: terre noire, murs blancs et cactus. L’île a été littéralement vomie par un chapelet de volcans. Pour l’instant, c’est calme, mais il y a deux siècles, les dernières grandes éruptions ont duré… sept ans! On dit que l’enfer n’est jamais loin du paradis: cette cendre volcanique sert de lit à l’un des vignobles les plus étonnants qui soient. Au ras du sol, des milliers de petits cratères bien alignés grignotent les bases des volcans, recelant chacun un seul pied de vigne, entouré d’un petit croissant de pierre pour le protéger du vent. On n’est qu’à 100 kilomètres du Sahara et ça se voit. L’île n’est pas pour autant monotone, au contraire : la terre varie entre le noir et un rouge parfois très soutenu. Si l’on y ajoute l’azur du ciel et le blanc des maisons cubiques, Lanzarote se révèle même l’une des îles les plus attachantes de l’Atlantique.

Le Top 5:
- Une balade à dos de dromadaire dans les sables volcaniques. Les curieux animaux à bosse sont les descendants des bêtes importées au 16e siècle pour travailler dans les champs.
- Après les salines qui bordent la mer, arrêtez-vous à El Golfo, un autre spectacle offert par la nature: une lagune vert émeraude -dont la couleur est due à la teneur en sel, plus élevée que dans la mer Morte!- a envahi un cratère d’explosion.
- S’offrir une balade en Segway (www.ajaches.com) dans les sables volcaniques du sud de l’île.
- Découvrir les oeuvres de César Manrique, artiste local qui a littéralement façonné certains endroits de l’île: le jardin de cactus, le site naturel des grottes de Jameos del Agua (jardin, restaurant, lac souterrain peuplé de crabes translucides…).
- Visiter en voiture le Parc national de Timanfaya pour ses paysages volcaniques. L’observatoire situé sur le point culminant du parc est le seul endroit où l’on peut poser pied.

Carnet de voyage:
– Y aller : 4 bonnes h de vol depuis l’Europe occidentale. Excellentes liaisons inter îles en avion ou bateau permettant de combiner plusieurs découvertes.
– Décalage horaire : -1h.
– Plus d’infos : www.spain.info, www.salutilescanaries.com.


Photos: Eric Vancleynenbreugel