On le sait, camper n’est pas toujours synonyme de bien-être pour l’environnement. Depuis 1999, Huttopia initie un nouveau mode de tourisme. L’idée, c’est de protéger la nature tout en la rendant accessible dans ce qu’elle a de plus majestueux. Un concept qui s’est étendu sur désormais plus de 150 destinations. Nous en avons testé 2 et vérifié la réalité et l’originalité de cette nouvelle façon de camper.
Par Eric Vancleynenbreugel

Photo Manu Reyboz
A l’évocation du camping, les images se bousculent. Certaines renvoient à ces souvenirs d’enfance, à cette cabane construite dans un arbre ou à cette tente plantée au fond du jardin. D’autres évoquent le camping sauvage, en pleine forêt, au bord d’un ruisseau. Mais dans les années ’90, cet esprit de camping très nature était dans les faits véritablement pionnier. L’écotourisme n’était pas une réflexion encore très aboutie, réfléchie et développée. C’est dans ce contexte que l’idée et le concept Huttopia vont naître… au Canada.
Un rêve né il y a 25 ans… entre la Drôme et le Canada
Campeurs amoureux de nature et voyageurs invétérés, Céline et Philippe Rossanne partent de la Drôme au début des années ’90 pour s’installer au Canada. « Les grands espaces, la simplicité de camper, l’authenticité des moments partagés dans la nature nous ont alors inspirés pour imaginer Huttopia, révèlent-ils. A l’époque, l’image du camping ne séduisait plus comme auparavant. Il fallait imaginer une autre façon de camper avec les enfants. » Créer le camping dont beaucoup rêvent, un peu comme celui des images d’Epinal. Rapidement, le couple se met à esquisser une collection de Campings & Villages forestiers qui transformeraient radicalement l’image du camping classique. Ils ouvrent donc en 2000 leur premier site, dans les Alpes. D’autres suivront rapidement et l’idée débordera les frontières. Et même aujourd’hui le continent.

Photo Manu Reyboz
Des sites minutieusement choisis
Persuadé que « l’Homme s’enrichit tant au contact de la Nature qu’au contact de l’Autre », le couple s’est donné pour vocation de rendre la nature accessible à tous, tout en protégeant et valorisant les lieux choisis. Tout d’abord, chaque site est minutieusement sélectionné pour la qualité de l’emplacement. Avec un leitmotiv invariable : la proximité immédiate d’un lac, d’un cours d’eau ou de l’océan. Outre des emplacements classiques pour poser sa tente ou sa caravane, ils imaginent des hébergements permanents qui sont dessinés pour se fondre dans la nature : tentes en toile et en bois pour débuter puis des chalets, des roulottes, etc… Les premiers sites Huttopia veulent donc proposer un nouvel art de camper et de vivre des vacances grandeur nature.

Camping Lagoa de Obidos (Portugal) – photo Manu Reyboz
Valoriser les régions « oubliées »
Trouver des emplacements éloignés des grandes zones touristiques est un autre des aspects chers aux fondateurs. L’idée étant de permettre de découvrir et développer -un peu- des régions ignorées ou peu fréquentées par les campeurs et les voyageurs en général. Et dans le même esprit, Huttopia souhaite favoriser la découverte des territoires alentours : itinéraires de randonnée, locations de vélos, propositions d’activités nature, promotion des bonnes adresses du coin… le campeur est invité et encouragé à sortir et explorer la région.

Remettre la nature au centre
Les campings et villages Huttopia sont fréquemment implantés sur des sites naturels remarquables : parcs naturels régionaux, forêts domaniales… qui méritent d’autant plus d’être protégés. Or, même s’il se veut proche de la nature, le campeur a lui aussi une empreinte écologique. C’est donc un autre défi qui s’est rapidement imposé : installer des campings « réversibles », conçus selon l’idée qu’ils puissent disparaître en laissant un minimum de traces de leur présence dans la nature. « On considère que ce n’est pas la nature qui doit s’adapter à nous mais plutôt nous qui devons nous adapter à elle, » détaille Clémentine Massat, directrice marketing chez Huttopia. Concrètement, cela se traduit par un cahier des charges très strict et précis : pas d’abattage d’arbres, chemins goudronnés rarissimes, constructions sur pilotis sans terrassement, pas de voitures dans la plupart des Villages (on laisse alors son véhicule au parking d’entrée)… Pas de pollution lumineuse non plus : les lampadaires extérieurs, alimentés à l’énergie solaire, sont équipés d’ampoules orientées vers le sol. Pas de climatisation, du chauffage au bois si nécessaire, compostage des déchets organiques… Bref, la sobriété est de mise. Mieux encore, les sites déjà existant qui ont été repris par Huttopia sont souvent renaturalisés et revégétalisés, en privilégiant les essences locales.

Camping Lac de l’Uby (Gers) – photo Manu Reyboz
Détente en sérénité
Le camping classique rime aussi avec des activités qui peuvent dans certaines adresses se révéler bruyantes et envahissantes. Piscine à toboggans, matériaux synthétiques, soirées mousse, décibels à gogo… voilà tout ce que vous ne retrouverez pas chez Huttopia. Ici on joue au ballon dans l’eau, on se relaxe avec un roman au soleil, les petits jouent sur des terrains de jeux construits en bois, et on profite de la vue sur la nature ! Pas de TV et parfois même pas de wifi. On retrouve le plaisir des jeux de société, à jouer au ping-pong, au volley, à la pétanque.
Pour se restaurer, place là aussi à la simplicité mais aux bons produits. Du terroir dans la mesure du possible. Des pizzas maison cuites dans le four du camping, une planche apéro, un bon verre de vin local et un esprit ‘guinguette’. Et pour des matins sereins, il est possible toute l’année de commander son pain et ses viennoiseries livrés par la boulangerie du coin.

Camping Arcachon – photo Manu Reyboz
Camping ou glamping, c’est au choix
En matière d’hébergement, le projet d’Huttopia, c’est de pouvoir séjourner comme on le souhaite. Mais avec la densité en moins. En caravane, en van, en chalet, en roulotte… et bien sûr sous tente. Plus de la moitié des emplacements de chaque camping sont toujours dédiés aux campeurs venus avec leur matériel. Avec ou sans électricité, avec ou sans table de pique-nique, mais avec des espaces sanitaires revisités, plus chaleureux (beaucoup de bois et de luminosité), soignés et très propres (plusieurs nettoyages quotidiens).

Camping Vallée de la Semois – Photo Eric Vancleynenbreugel
5 réseaux, 5 expériences différentes
Retrouver un contact avec la nature, beaucoup en rêvent mais paradoxalement, il n’est pas toujours facile de renoncer à notre confort habituel. Face à ce constat, tous les sites proposent une gamme assez vaste d’hébergements plus confortables : tentes équipées, chalets design, roulottes… la liste est longue. Mais avec une constante : tous respectent les principes qui ont inspiré les fondateurs.
Outre les « Campings » et les « Villages » (qui proposent des hébergements plus exclusifs), la marque a développé 3 autres concepts. « CityKamp« , comme son nom l’indique, regroupe des campings installés dans des petits coins de nature préservés en pleine ville. On les retrouve déjà par exemple à Paris, Lyon, Maastricht ou Strasbourg. Ouverts toute l’année, ils représentent une solution d’hébergement pratique et économique. A noter qu’un premier CityKamp belge est en projet à Anvers !

Village Lac de Rillé (Loire) – photo Manu Reyboz
Repris en 2021 par Huttopia, « Onlycamp » propose de petits campings très nature et de petite dimension. Ici, ce sont surtout des emplacements nus et des équipements simples, moyennant un petit prix unique à la nuit.
Face à l’essor de la VanLife, Huttopia a lancé en 2025 les « Bivouacs« . L’idée est de proposer des spots privés remarquables en pleine nature et à très petite capacité (2 vans par nuit maximum) pour un prix fixe de 20€ (30€ en été). De quoi redonner une nouvelle vie à des sites inexploités et de petite capacité, souvent mis à disposition par des agriculteurs. Plus de 500 emplacements sont déjà répertoriés, en Belgique, en France et au Portugal.
Dernier projet en date, « Oskar » vise à redonner vie à des petits hôtels ou cafés de village et à proposer aux clients ces petits formats (30 chambres max). Parfois dans des sites extraordinaires. Exemple : « L’hôtel du bout du parc », qui se trouve juste à l’extrémité du parc du Château de Versailles. Le lieu, qui devait être racheté par un grand groupe, a motivé le lancement de ce projet Oskar.
Les ouvertures de nouveaux sites se succèdent à un rythme cadencé et le groupe est désormais présent dans 8 pays : France, Pays-Bas, Belgique, Espagne, Portugal, Suède, USA et Canada. En 2025 ont été inaugurés les campings de Caminos de Galicia et Barcelona Pirineos en Espagne, du Lac d’Aureilhan à Mimizan, le CityKamp d’Aix-en-Provence ainsi que les Villages de Berkshires au Massachussets et Les Deux Lacs Laurentides au Québec. Situé à 1h30 de Montréal, ce dernier est niché entre deux lacs et renoue avec tout ce qui a inspiré les fondateurs. Imaginez plutôt : une fois inscrits à l’accueil, il faut partir en canoë pour rejoindre son hébergement ! Epinglons encore un autre site extraordinaire: le Camp Catalina White’s Landing en Californie, installé sur une île dans l’océan Pacifique. On rejoint donc les tentes dressées sur la plage en bateau. Et puis il se murmure encore un autre projet, en phase d’aboutissement : l’ouverture de campings Huttopia dans quelques-uns des plus beaux parcs nationaux d’Argentine !


Camping Les Deux Lacs Laurentides (Canada)
1. Vallée de la Semois – Huttopia arrive en Belgique
Nous avons tout d’abord pu expérimenter le premier camping Huttopia de Belgique. Il vient d’ouvrir ses portes au printemps 2025 dans le Parc national de la Vallée de la Semois. Un projet qui a démarré il y a 4 ans. Fidèle à sa logique de reprendre aussi des sites déjà existants, ici se trouvait le camping du Héron, jouissant d’un environnement magnifique. Aux dires des responsables de cette nouvelle adresse, le succès fut assez immédiat, se traduisant par de nombreuses réservations et confirmant aussi une grande attente du public pour ce type de camping en Belgique.
Comme il se doit, le site de 13 hectares est installé au bord de l’eau, sur les rives de la Semois, non loin du charmant village de Alle-sur-Semois. Dès l’entrée, la quiétude est de mise : on laisse son véhicule au parking puis on prend un petit chariot pour emmener ses bagages jusqu’au logement ! La réception, la boutique et le Café-Comptoir ont été repensés et installés dans un joli bâtiment bardé de bois, bordé d’une vaste terrasse. Juste en face, l’aire de jeux pour les enfants, la piscine couverte et ses transats invitent au farniente et aux activités calmes. Une vingtaine de mètres en contrebas coule la Semois qui a creusé son lit entre rochers et vallons boisés. D’ici, ce sont toutes les beautés de cette magnifique vallée qui sont à portée. Le charmant village de Vresse-sur-Semois, le pont de claies qui est reconstruit chaque début d’été et qui enjambe le cours d’eau, le village de Rochehaut, ses nombreuses attractions et adresses gourmandes ainsi que sa vue imprenable sur Frahan et le méandre de la Semois…

Nous avons logé en Chalet Evasion. Tout en bois bien sûr, il offre une superficie de 25 m2. La pièce de séjour est lumineuse et donne sur la terrasse en bois où attendent table et chaises. Elle dispose d’un petit canapé, d’une table basse, d’une cuisine équipée et d’un coin-repas. La salle de bain contient une douche, un évier et des étagères de rangement. Les toilettes sont séparées. L’une des chambres propose un lit double (140cm x 200 cm) tandis que l’autre est équipée de 2 lits superposés et d’un lit simple. Si certains petits détails doivent encore être améliorés ou soignés, ce sont surtout des petits défauts de jeunesse. L’ensemble est agréable, chaleureux et offre une belle variété d’équipements pour un véritable séjour glamping.


Photos EV
Types d’hébergements :
- Chalets évasion (2 chambres)
- Roulotte (2 chambres)
- Chalet Ontario (2 chambres – PMR)
- Chalet Portland (3 chambres)
- Tente Bonaventure (1 chambre)
- Tente Trappeur (2 chambres)
- Tente Canadienne (2 chambres)
Points forts :
- Site naturel remarquable ;
- Excursions en kayak ou en paddle au départ du camping ;
- Belle base de départ pour découvrir les beautés de la région ;
- Villages et commerces proches.

2. Auvergne – Huttopia Lac de la Siauve
Huttopia Lac de la Siauve se trouve comme l’indique son nom en bordure d’un vaste lac, celui de Bort-les-Orgues. Nous sommes en Auvergne, aux confins du département du Cantal, du Püy de Dôme et de la Corrèze. Une zone très boisée, légèrement vallonnée. La vallée de la Dordogne n’est qu’à une dizaine de kilomètres d’ici. Et le parc des volcans n’est pas loin non plus. Parmi les incontournables proches, citons les orgues de Bort-les-Orgues, des coulées de lave figées qui pendent pour l’éternité de la montagne. Une rare roche volcanique, la phonolite, qui émet les sons d’un orgue lorsqu’on la frappe. Mais aussi le château de Val, construit par la famille d’Estaing. Le barrage et l’usine de Bort. L’étonnant musée des Orages et de la Foudre. Et plus loin, l’un des Plus Beaux Villages de France : Salers.

Photo Eric Vancleynenbreugel
En arrivant, on laisse ici aussi son véhicule juste en-dehors des zones d’hébergement. Un chariot permet d’emmener ses bagages son grand effort jusqu’à son logement. Le camping est très boisé et verdoyant. Il fait donc face à cet immense lac de barrage cerné de toutes parts par la forêt. Inutile de dire qu’ici, on peut faire de très belles randonnées. Mais l’été, on peut aussi se rendre à la plage, à 5 minutes à pied. Celle qui jouxte le camping juste en contrebas. Elle est surveillée en juillet et en août. Et s’il fait moins beau, on profite de la piscine couverte. Côté activités dans le camping, on le sait, pas d’animations bruyantes ou envahissantes, mais des soirées magie, théâtre, cinéma en plein air. Des ateliers aussi, dont un axé sur le cuir, spécialité de la région. Une initiation à la pêche dans le lac. Ou encore une balade en VTT électrique.

Photo Manu Reyboz
Pain frais tous les matins, pizzas maison, planche apéro, crème glacée, boissons et quantité de produits locaux à l’épicerie… on trouve de quoi se restaurer et vivre sans s’inquiéter tous les jours de devoir faire des courses.
Nous avons logé dans un Chalet Toronto. D’une surface totale de 35 m2, ce bel espace en bois dispose de 2 chambres avec lit double ainsi que d’un canapé convertible pour une personne dans le séjour. La petite cuisine est équipée d’un réfrigérateur, de plaques de cuisson, d’une cafetière et d’un four micro-ondes. La salle d’eau dispose quant à elle d’une douche et d’un évier. Le WC est lui séparé. Sur la terrasse en bois, une table et 4 chaises ainsi que deux transats. Mais la grande particularité du Chalet Toronto est plutôt inattendue : la baie vitrée de 3 m de large qui donne sur la terrasse peut en effet s’ouvrir entièrement comme une porte de garage basculante. On a alors la sensation incroyable de vivre entièrement en extérieur, comme si la pièce de séjour et la cuisine s’étaient déplacées dans la nature. Pour vivre un camping très nature sans perdre en confort, il n’y a pas mieux!

Types d’hébergements :
- Chalet Evasion (2 chambres)
- Chalet Toronto (2 chambres)
- Chalet Ottawa (3 chambres)
- Chalet Cantal (1 ou 2 chambres)
- Mobile-Home Vancouver (2 chambres)
- Tente Trappeur (2 chambres)
- Tente Canadienne (2 chambres)
Points forts :
- Site naturel grandiose et d’un grand calme ;
- L’accès direct au lac, à la plage et aux activités nautiques ;
- La vue souvent scénique depuis les emplacements.


Photo EV