Avec ses paysages harmonieux et équilibrés tout droit sortis d’un tableau de la Renaissance, la province de Sienne est l’une des plus scéniques de Toscane.

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Sienne, la cité d’ocre

Sienne était à la fin du Moyen Age l’une des villes les plus peuplées d’Europe ! Tout ici respire encore cette période faste où marchands et banquiers faisaient sa renommée et sa prospérité. Un peu à l’image de Bruges qui garda son visage initial en raison de son brutal déclin, la belle toscane demeure éternellement gansée dans son écrin de pierre couleur terre… de Sienne. Comme toutes les cités de Toscane, elle se parcourt à pied, le nez en l’air, à travers les ruelles tortueuses, parfois pentues. On débouche immanquablement à un moment ou un autre sur la piazza del Campo, inclinée pour récolter, à l’origine, les trop rares eaux de pluie et approvisionner la cité dans laquelle ne coule aucun cours d’eau. Cathédrale, baptistère, musées, églises, palais, le plus ancien hôpital du monde… la ville de Sienne justifie à elle seule un court séjour ou un citytrip.

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Course sauvage

A Sienne, le Palio est une course équestre, mais c’est avant tout une douce folie, sans doute le moment de l’année le plus attendu des Siennois. Avant l’épreuve, les contrade (quartiers de la ville) défilent en costumes médiévaux, bariolés et richement brodés. Chaque cavalier représente les couleurs d’une contrada. Pour éviter toute tricherie, ils sont originaires du Latium ou de Sardaigne. Sur les 17 contrade de la ville, seules 10 sont tirées au sort pour participer à la course. Les chevaux sont montés à cru. Avec pour unique équipement autorisé la cravache. Par contre, tous les coups sont permis, y compris pour faire basculer un adversaire. Le cheval qui complète le premier les trois tours de la place gagne le Palio, peu importe qu’il porte encore ou non son cavalier… Si elle ne dure que trois minutes en moyenne, cette course n‘en est pas moins violente et il peut arriver que des chevaux ou même des cavaliers y trouvent la mort.

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Terres désolées

Au sud-est de Sienne, on aborde le rude terroir des « Crete Senesi », ces collines souvent dénudées couvertes de champs de céréales à l’infini et qui, dès la moisson de juillet, se muent en champs de lourdes mottes d’argile blanche dures comme de la pierre. Un pays rude donc et un peu désolé, parfois lunaire même, qui fait que du haut des crêtes, la vue porte souvent à 360°. Le climat est à l’avenant, extrême et versatile.

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Pienza, mini ville idéale

En poursuivant vers le sud, on rejoint la vallée d’Orcia et Pienza, petite cité délicieuse, chargée d’atmosphère. Construite pour satisfaire l’orgueil d’un pape de la Renaissance qui en était originaire, ses palais devaient rivaliser avec ceux des autres cités de Toscane. Mais rien n’y fit et Pienza a gardé son aspect de gros village, comme si elle avait été déposée par erreur au milieu des champs, avec une seule longue rue bordée de palais coupée en deux par une place médiévale. Au coucher du soleil, on vient se balader sur les remparts d’où la vue embrasse tout le Val d’Orcia. C’est à Pienza et environs qu’ont été tournées de nombreuses scènes du « Patient Anglais » mais aussi du « Gladiateur ».

Val d’Orcia

Aux pieds de cette cité dorée, le Val d’Orcia déroule ses merveilles: des champs de blé grimpent à l’assaut des collines, ponctués ci et là de cyprès aux étonnantes formes de flamme, en bosquets, en rangée ou parfois solitaires et, à l’horizon, quelques villages perchés. Dans le Val d’Orcia, on a souvent l’impression qu’homme et nature ont associé leurs talents de décorateurs pour créer des paysages parfaitement équilibrés, presque bibliques.

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De temps en temps, on croise un troupeau de brebis qui rentre pour la traite. Leur lait donnera le meilleur des pecorinos. Il était donc mérité que toute la vallée soit récemment classée au patrimoine mondial par l’Unesco.

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Les chemins blancs

Mais l’âme de cette région se niche au bout de ses chemins blancs qui partent à travers bois et champs à l’assaut des collines, vers une ferme abandonnée, une petite chapelle ou tout simplement un bouquet de cyprès. A chaque tournant, de nouvelles surprises et… beaucoup de gibier. Entre San Quirico et Pienza, il y a le chemin qui mène à la chapelle de la Vitaleta, construite en solitaire en surplomb d’un champ. Le dernier tronçon se fait à pied, parmi les troupeaux de moutons. A faire le soir, lorsque le soleil caresse la façade de rayons de miel. Autre endroit magique, le hameau de La Foce: de là-haut, on découvre l’un des célèbres chemins en lacets bordé de cyprès.

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Le bain des Médicis

A un jet de la via Cassia qui relie Rome à Sienne, une petite route mène à Bagno Vignoni. Là où on s’attend légitimement à trouver une piazza centrale comme dans tout village toscan, c’est un immense bassin qui se dévoile. Construit par les Médicis qui y venaient en cure, il glougloute de bulles d’eau chaude. Pour une baignade gratuite et 100% nature, il suffit de descendre au pied de la colline. L’eau soufrée, amenée encore par de vieilles conduites romaines, y dévale en petites cascades vers un autre bassin chargé de boues blanches de silice. Les dépôts multicolores ajoutent au charme de l’endroit.

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Nectar des dieux

C’est aussi dans ce fabuleux terroir que l’on trouve des vins classés parmi les meilleurs du monde : vino nobile à Montepulciano et surtout brunello à Montalcino. Perchée à près de 600 m d’altitude à l’ombre d’une imposante forteresse, Montalcino était à la Renaissance l’une des cités les plus riches de Toscane. C’est l’invention du brunello au 19e siècle par Ferruccio Biondi Santi qui lui a redonné quelques lettres de noblesse. La cité connaît une effervescence particulière chaque vendredi, jour de marché. Produits fermiers, poissons et picci (pâtes faites main typiquement toscanes) se côtoient joyeusement sur les étals des marchands. Quand midi approche, on se réfugie sous les remparts du château pour déguster au frais un verre de brunello avec quelques crostinis.

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San Quirico, intemporel

Telle une colonne vertébrale avec son artère principale autour de laquelle toutes les boutiques s’articulent, San Quirico d’Orcia a gardé un adorable centre historique : une collégiale de pierre blonde gardée par des lions de pierre, quelques palais et, le long des remparts, les Horti Leonini, jardins à l’italienne au tracé inchangé depuis la Renaissance. L’heure idéale : celle de la promenade du soir, lorsque la place principale et son petit bar sont envahis par les villageois. Les plus vieux s’installent sur les bancs de pierre et parlent du temps qui passe, pendant que les jeunes assis en terrasse rivalisent d’élégance vestimentaire.

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Jérusalem toscane

En poursuivant vers le sud, on pénètre la partie la moins visitée, à tort, de la Toscane. Il y a les pentes du Monte Amiata, ce vieux volcan couvert de châtaigneraies. Et derrière, encore des villages oubliés, autant de théâtres de vie tout droit sortis de vieux films italiens des années cinquante. Sovana perché sur un éperon rocheux, Sorano et surtout Pitigliano, lui aussi agrippé à une falaise. Un véritable gruyère d’ailleurs, truffé de caves sur plusieurs niveaux. A Pitigliano prospérait jadis une communauté juive. Une sorte de petite Jérusalem toscane qui possédait son université. Aujourd’hui, ceux qui restent poursuivent la tradition et font la visite de la boutique de produits casher et de la vieille synagogue.

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