Maisons blanches cubiques, terres caillouteuses battues par Eole et brûlées de soleil qui plongent dans une Egée bleu encre, les îles sont le bastion d’une Grèce éternelle. Aussi belles et fascinantes que méconnues, voici 4 îles où l’authenticité n’a pas cédé le pas aux marchands de souvenirs.

Astypaléa – Au coeur de la mer Egée
Astypaléa, c’est l’île papillon, la forme qu’elle prend sur une carte. Perdue en plein centre de l’Egée, elle semble voler du Dodécanèse, l’archipel auquel elle est rattachée, vers les Cyclades dont elle se rapproche sur bien des aspects : maisons banches, volets bleus, relief torturé, desséché par le soleil et raboté par les vents une grande partie de l’année. Un voyage à Astypaléa commence à Chora, de loin le village principal de l’île. Une merveille esthétique, en équilibre sur le rocher au-dessus de la mer. Au sommet, un château tel qu’on n’en retrouve pas en Méditerranée orientale car ici, les maisons sont imbriquées dans les fortifications. A ses pieds, un enchevêtrement de ruelles, d’impasses, de petites chapelles familiales et de passages étroits. Hormis quelques villages, le reste de l’île est en grande partie montagneux et sauvage. Avec de très belles plages sauvages que l’on rejoint en randonnant. Calme, nature et authenticité, elle se résume ainsi la vie sur Astypaléa.


A faire ici et pas ailleurs :
1.Tout au bout de la route qui monte vers le nord, un chemin mène à travers la rocaille vers la baie de Vathi. Trois maisons et une ouzerie, celle de Maria, une halte inoubliable.
2. Profiter des plages isolées aux eaux cristallines.
3. Une escapade en bateau vers les îlots voisins. Au programme : lagons et grottes marines.
2 adresses :
- Apanemia Meze Shop, Chora, Astypaléa. Juste à côté des 5 églises. Favas, salades, chaussons fourrés, calamars et pieuvres frais… comme l’indique son nom, on s’y régale de mezzes maison, préparés par la femme d’Elias qui lui œuvre en salle. Le tout au son de musique rebetiko.
- Aiolos, Pera Gialos, Astypaléa. Face au port, spécialités d’Astypaléa préparées par Efthymia. Goûter absolument les chaussons de pâte fourrés typiques de l’île et la pizza version locale.
Andros – La Cyclade verte
Bien que proche d’Athènes, elle est souvent ignorée par les voyageurs. La plus grande des Cyclades est pourtant aussi fascinante qu’atypique. Montagneuse et verdoyante, Andros est la seule à disposer de cours d’eau permanents. Ici, les moulins ne tournaient pas au vent mais à l’eau. Ses sentiers de randonnée séculaires, souvent pavés, ont été réaménagés par une poignée de passionnés (www.androsroutes.gr). L’occasion de traverser des villages perdus, entre les jardins et les potagers, en s’abreuvant aux innombrables sources et fontaines, puis de soudain s’ébahir devant une vue plongeante sur la mer Egée. Andros a prospéré grâce à ses armateurs. Allez admirer leurs palais à Chora et à Steniès. Certains abritent aujourd’hui des fondations d’art aux expos très courues. Et profitez des plages magnifiques et isolées qui s’égrènent sur son flanc est.


A faire ici et pas ailleurs :
1.Le monastère de Panachradou : vieux de plus de 1000 ans, suspendu au-dessus de la vallée de Messaria. Accueil sympa du père Evdokimos et des frères Aetios et Philaretos.
2.Le musée d’art contemporain à Chora accueille chaque été des expos d’envergure internationale (www.moca-andros.gr).
Les plages aux eaux turquoise de la côte nord-est.
2 adresses :
- Pâtisserie Laskari’s, dans la rue principale de Chora: tout est fait maison dans cette adresse qui affiche plus de 110 ans !
- Athina Stamou (Mesaria – Vaconi, +30-22820 51551) fabrique de délicieux fromages de chèvre : nature ou aux poivres & herbes, doux ou (très) corsé.
Tinos – L’île aux pigeonniers
Située juste en face de la bouillante Mykonos, Tinos est son total contraste, notamment pour ses villages hors du temps, souvent perchés, comme celui de Kardiani, ou cachés dans le recoin d’un vallon comme Agapi. Leurs maisons immaculées semblent posées comme un capuchon de neige dans le paysage. Une île connue aussi de tous les Orthodoxes, qui y viennent en pèlerinage lors des fêtes du 25 mars (Annonciation) et du 15 août. L’île compte aussi une forte communauté catholique, héritage de la présence vénitienne longue de plusieurs siècles. Beaucoup de Tiniotes descendent d’ailleurs de familles patriciennes issues de Venise et la Sérénissime a laissé une autre empreinte : des centaines de pigeonniers. Certains sont de véritables œuvres d’art aux façades dentelées ou ornées de figures.


A faire ici et pas ailleurs :
1. Le village de Tarambados pour ses passages voûtés et ses pigeonniers.
2. Volax enfoncé dans un paysage de gros rochers et réputé pour ses vanniers.
3. Pyrgos, capitale du marbre et du galaktoboureko (gâteau au lait).
1 adresse :
- To Limanaki. Taverne sur le petit port de Panormos. Pour un mezze copieux et dans les règles de l’art (poisson frais, saucisses de Tinos, fromages grillés, gâteau de fenouil et courgettes…), c’est ici.
Syros – Elle a tout d’une grande
Construite en amphithéâtre, la ville d’Ermoúpoli s’étend sur deux collines d’où cascadent des maisons cubiques. Pas de doute, nous sommes bien dans les Cyclades. Le long des quais, les bateaux de pêche et de plaisance jouent des coudes avec les terrasses des restaurants. Un tableau qui évoque furieusement le Saint-Tropez des années soixante. Ne manquez pas non plus le quartier pavé de marbre de Vaporia (dont le nom signifie ‘bateau’ en grec), né à une époque où l’île construisait des navires à vapeur. Ni l’ancien village perché d’Ano Syros, posé sur un sommet au-dessus de la ville. En pénétrant vers l’intérieur de l’île, le paysage se fait plus vert. On y produit encore la figue, le câpre et le raisin. L’île est l’une des seules où le tourisme n’est pas l’activité principale. La volonté de la mairie étant de maintenir un tourisme durable et raisonnable. Même les sentiers de randonnée, nombreux à sillonner la montagne, sont volontairement peu balisés.


A faire ici et pas ailleurs :
1. Témoins de la splendeur passée de l’île, l’hôtel de ville et surtout le théâtre Apollon, directement inspiré par la Scala de Milan. Un bâtiment tel qu’on n’en trouve aucun autre dans les Cyclades.
2. Vêtu d’un habit de travail, visiter le musée vivant aménagé par Hermoupolis Heritage (www.hermoupolisheritage.com) dans une ancienne usine textile. Ici ont travaillé des générations de jeunes femmes, parfois pas plus âgées que 11 ans, jusqu’à son arrêt brutal et mystérieux en 1986.
3. Après avoir flâné, se poser en terrasse et profiter d’une vue exceptionnelle sur Ermoúpoli et sur la mer Egée.
3 adresses :
- To Mikraki, Thermopilon & Folengandrou 4, Ermoúpoli : dans une étroite ruelle, sous les bougainvilliers et les voilages, cuisine typiquement cycladique.
- O kontos stou Rafogianni, Azolimnos : au sud-est de l’île, en bord de plage, une carte tournée vers la mer.
- To Petrino, Stefanou Kiparisou Klonos 9, Ermoúpoli, https://petrinosyros.gr/: spécialités d’Asie Mineure (salade de câpres…) délicatement travaillées.
